Rémunération globale : de 2018 à 2027, les attentes évoluent. Votre façon d’en parler aussi?
En 2018, un article de Radio-Canada mettait en lumière l’importance des bonnes relations au travail et du sens, au-delà du salaire. À l’approche de 2027, les attentes salariales dépassent les augmentations prévues par les employeurs. Comment comprendre ces deux perspectives et mieux valoriser votre rémunération globale?
Pour les dirigeants et les responsables RH, ces deux articles soulèvent une question essentielle : comment reconnaître les préoccupations financières des employés tout en donnant une vision complète de ce que l’entreprise leur offre?
La réponse commence par une distinction : le salaire, les avantages et l’expérience au travail répondent à des besoins complémentaires.
En 2018 : les relations et le sens au cœur de la motivation
Dans son article du 27 février 2018, Radio-Canada rapportait les propos de deux spécialistes, Michel Tremblay et Jacques Forest, sur les facteurs qui donnent envie de travailler au quotidien.
Leurs interventions mettaient notamment en lumière :
La qualité des relations avec les collègues et le supérieur immédiat.
Le sentiment de faire un travail qui a du sens.
La satisfaction des besoins psychologiques au travail.
L’importance d’une rémunération perçue comme juste.
Le salaire conservait un rôle dans l’attraction et la rétention. Mais, une fois les conditions salariales établies, les relations, la reconnaissance et l’environnement de travail occupaient une place importante dans la motivation quotidienne.
Le message de 2018 : bien rémunérer compte, et la qualité de l’expérience de travail compte aussi.
À l’approche de 2027 : le pouvoir d’achat revient au premier plan
Les prévisions publiées par l’Ordre des CRHA font état d’augmentations salariales moyennes de 3,1 % au Québec en 2027, alors que les travailleurs espèrent plutôt 3,7 %. Il s’agit d’intentions et d’attentes, pas encore de hausses réellement accordées.
Dans l’article de La Presse fourni, cet écart est notamment expliqué par la volonté des travailleurs de préserver leur pouvoir d’achat après les pressions exercées par l’inflation et le coût de la vie.
Pour l’employé, la discussion salariale touche directement sa capacité à payer ses dépenses, à épargner et à se sentir en sécurité. Pour l’employeur, elle doit également tenir compte de la capacité financière de l’organisation.
Le défi pour 2027 : répondre à des attentes financières élevées avec des moyens qui ne progressent pas nécessairement au même rythme.
Qu’est-ce qui a changé entre les deux perspectives?
Ces articles ne mesurent pas la même chose. Celui de 2018 présente des analyses sur la motivation; celui consacré à 2027 rapporte des attentes et des prévisions salariales. Ils ne permettent donc pas d’affirmer que les travailleurs auraient abandonné le sens et les relations au profit de l’argent.
Ils montrent plutôt deux dimensions à considérer ensemble.
En 2018, l’éclairage portait sur ce qui donne envie de s’investir dans son travail une fois les conditions salariales établies. À l’approche de 2027, l’attention se porte davantage sur la capacité de ces conditions à répondre aux attentes financières.
La lecture utile pour les entreprises : lorsque le salaire devient une préoccupation, les autres avantages ne suffisent pas à faire disparaître cette inquiétude. Ils conservent néanmoins leur valeur.
Une bonne relation avec son gestionnaire demeure précieuse. Un horaire flexible peut faciliter la vie. Une contribution à la retraite peut soutenir un projet à long terme. Mais aucun de ces éléments ne devrait servir à esquiver une discussion légitime sur le salaire.
Comment valoriser la rémunération globale dans ce contexte?
Valoriser la rémunération globale, c’est rendre l’ensemble de l’offre compréhensible, concret et pertinent pour la personne qui en bénéficie.
Commencez par parler franchement du salaire
Avant de présenter les avantages, expliquez comment les décisions salariales sont prises : responsabilités, compétences, contributions attendues, références de marché et capacité de payer.
Une moyenne provinciale peut fournir un repère. Elle ne détermine pas à elle seule l’augmentation appropriée pour chaque employé.
L’objectif est que la personne comprenne la décision et puisse poser ses questions, même lorsque l’augmentation ne correspond pas à ses attentes.
Rendez visibles les avantages financiers
La contribution de l’employeur aux assurances collectives ou à un régime de retraite peut être peu visible sur une paie.
Présentez ces éléments dans un bilan individuel simple, en distinguant clairement :
Le salaire de base.
Les primes et bonis, avec leurs conditions.
Les contributions financières de l’employeur.
Les autres avantages accessibles.
Gardez les calculs rigoureux : des vacances déjà payées dans le salaire annuel ne doivent pas être ajoutées une deuxième fois au total.
Donnez une place au temps et à la qualité de vie
Les horaires flexibles, les congés et les possibilités de télétravail, lorsqu’ils sont offerts, méritent d’être expliqués concrètement.
Précisez ce qui est accessible, à quelles conditions et avec quelle marge de manœuvre. Une formule vague comme « nous favorisons la conciliation » est moins utile qu’une pratique que l’employé peut réellement utiliser.
Ces avantages peuvent avoir une grande valeur sans qu’il soit pertinent de leur attribuer artificiellement un montant en dollars.
Demandez aux employés ce qui leur est utile
Un avantage coûteux pour l’entreprise n’est pas automatiquement un avantage apprécié par toute l’équipe.
Les besoins varient selon les personnes et les étapes de vie. Certains privilégient la sécurité financière, d’autres la flexibilité, la formation ou les possibilités d’avancement.
Un échange individuel ou un court sondage peut aider à comprendre ce qui est utilisé, apprécié ou mal connu. Cette information permet de mieux orienter les efforts de l’organisation.
Reliez la rémunération aux perspectives de développement
La conversation gagne à dépasser la seule augmentation annuelle.
Quelles compétences la personne souhaite-t-elle développer? Quelles responsabilités pourraient évoluer? Quels critères permettraient de revoir son positionnement salarial?
Des perspectives claires aident à se projeter. Elles doivent toutefois être présentées comme des possibilités soumises à des conditions, et non comme des augmentations garanties.
Cjuste : soutenir une conversation plus claire sur la rémunération